Des ceintures?

Il n’y a pas 2 apprenants qui progressent à la même vitesse.

 

Il n’y a pas 2 apprenants qui soient prêts à apprendre en même temps.

 

Il n’y a pas 2 apprenants qui utilisent les mêmes techniques d’étude.

 

Il n’y a pas 2 apprenants qui résolvent les problèmes exactement de la même manière.

 

Il n’y a pas 2 apprenants qui possèdent le même répertoire de comportements.

 

Il n’y a pas 2 apprenants qui possèdent le même profil d’intérêt.

 

Il n’y a pas 2 apprenants qui soient motivés pour atteindre les mêmes buts. Postulats de Burns

Les enfants changent: leur rapport au savoir et à l’autorité a profondément évolué. Leurs rapports entre eux aussi. Pourtant la structure du cours n’a pas évolué.Traditionnellement, le professeur expose, explique et l’élève apprend. Mais le « nouvel » élève n’apprend plus au moment où le professeur exposer et explique. On a également cru longtemps que la compétition était source de progrès, voire d’excellence. C’est la collaboration qui donne la chance de progresser au plus grand nombre! Et c’est ce que je tente avec ces ceintures.

Bref historique

La pédagogie institutionnelle a été élaborée par Fernand Oury (1920-1998). Son but est d’établir, de créer, et de faire respecter des règles de vie dans l’école, par des institutions appropriées – à l’opposé des écoles casernes. Si l’enfant perçoit le lieu classe comme un endroit de repères, de sécurité, de vie, où l’on peut régler des questions, il va progressivement prendre en charge sa vie d’écolier. Il va garder ou retrouver le goût d’apprendre, à travers son engagement, ses initiatives…

Pour élaborer toutes les compétences, Oury s’est aussi inspiré de son expérience de judoka, partant du postulat de départ qu’une classe homogène n’existe pas. Les ceintures de niveau permettent aux enfants d’évaluer leur réussite dans tel ou tel domaine d’activité de la classe. Une ceinture élevée se doit d’aider un débutant, autrement dit, plus un enfant a une ceinture élevée, plus on peut être exigeant avec lui. Grâce au tableau des ceintures affichées en permanence dans la classe, les enfants savent toujours où ils en sont.

Source: wikipédia

Descendre une piste de ski…

Afin de comprendre pleinement le principe des ceintures de compétences, je prends l’exemple du ski alpin (contrairement à Oury, je ne pratique pas le judo mais j’adore skier). Une personne qui peut descendre une piste rouge est à même à descendre des pistes vertes (pistes faciles) et bleues (pistes moyennes) mais ne peut pas encore emprunter des pistes noires (pistes très difficiles). Cette personne doit encore s’y entrainer avant de tenter une descente qui fera appel aux différentes compétences maitrisées jusqu’à présent. Parallèlement à son propre entrainement, cette personne peut aussi aider d’autres personnes à utiliser les bâtons, skier en parallèles, descendre des pistes bleues (c’est-à-dire dans les compétences qu’elle-même maitrise déjà), …

En classe, c’est la même chose! Pourquoi attribuer à l’élève une moyenne générale ou lui proposer une année complémentaire s’il a rencontré des difficultés dans une notion? Ne vaut-il mieux pas le rendre « expert » dans ce qu’il sait et l’aider dans ce qu’il ne sait pas avec l’aide d’un autre expert? Sur la piste rouge, vous avez bien entrainé un ami qui ne l’avais jamais descendue, non?

Les compétences tout au long du cycle

Je propose donc à mes élèves le même principe mais dans les compétences. Elles proviennent du Socle des Compétences, le programme référent en Fédération Wallonie Bruxelles. Je n’ai donc rien inventé.

L’élève doit valider chaque compétence avant de passer à la ceinture supérieure. Il existe 6 niveaux différents (comme au judo): l’élève qui arrive en 5e année commence à la ceinture blanche. Puis il progresse de la jaune à la noire tout au long du cycle. Le découpage se veut chronologique (plus ou moins les 3 premières ceintures en 5e année, les 3 suivantes en 6e année) mais également complexifié (les notions de la ceinture précédente sont à maitriser pour valider la ceinture suivante).

Il est évident que le parcours de chaque enfant se doit d’être individualisé et différencié, guidé par l’enseignant lui-même avec l’aide d’un plan de travail et de plusieurs grilles d’observation. Ainsi, certains seront à la ceinture verte en fin de 5e année, tandis que d’autres, plus rapides, seront à la bleue. L’objectif étant d’atteindre « le socle des compétences » pour la fin de 6e année afin de passer les épreuves certificatives du C.E.B. .

 Livret de compétences

Les élèves reçoivent en début du cycle des grilles que l’on a appelées livrets de compétences. Il y en a dans plusieurs domaines proposés par les Socles. En voici un exemple en grandeurs. Ces livrets proposent la progression établie par les enseignants du cycle.

grandeurs

On y trouve:

  • l’intitulé des compétences en haut
  • les compétences spécifiques à valider par ceinture
  • le résultat du diagnostique (dans le cercle)
  • les entrainements à réaliser par compétence (E1, E2, …)
  • les modalités de l’obtention du brevet

grandeurs

 

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